Les Pionniers du Westermarck

Guilde RP dans le monde Hyborien de Conan le Barbare imaginé par Robert E. Howard
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 Loknar, réfugié

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Loknar
Pionnier


Nombre de messages: 69
Age: 34
Date d'inscription: 05/05/2008

Feuille de personnage
Classe: Gardien
Ethnie: Aquilonien / Gunderan
Sexe: Masculin

MessageSujet: Loknar, réfugié   Mar 6 Mai - 22:16



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"Nulle infanterie ne pouvait rivaliser avec les sauvages Gunderans, dont la patrie, province la plus au nord de l'Aquilonie, n'était qu'à un jour de cheval des abords de la Cimmérie, à travers les Marches Bossoniennes. Nés et élevés pour la guerre, le sang qui coulait dans leur veines était le plus pur de tous les descendants hyboriens." - Extrait de la citadelle écarlate
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… Sur la piste de Thandara…
Le petit groupe d’aquiloniens approchait de la province de Thandara où l’on promettait terre et liberté à qui se sentait suffisamment fort pour coloniser cette région encore sauvage. Parmi eux se trouvait un jeune homme et une jeune femme, d’apparence anodine. Ceux là se tenaient sur un chariot lourdement chargé, que tirait un cheval qui avait vu trop d’hivers… et qui ne verrait probablement pas le suivant. Ils ressemblaient plus à des réfugiés ayant fuit une guerre qu’à des colons prêt à se tailler une part de lion dans les nouvelles terres du sud. Il portait encore sur eux certaines marques d’anciennes blessures et semblaient avoir aussi connu autre chose en plus de la vie de village. Ils ne regardaient pas en arrière, leur avenir était désormais devant eux, dans ces contreforts montagneux.

L’homme arborait une tignasse et une barbe de couleur fauve qui tranchait avec ses yeux gris clairs. Son corps vigoureux semblait rompu aux exercices physiques. Il portait au côté un glaive large et une lance de guerre dépassait du chariot où se balançait encore un bouclier usé et sans signe distinctif. Son regard avait quelque chose d’inquiétant et d’intriguant à la fois. Pour le moment il embrassait du regard cette nouvelle région, pleine de dangers mais aussi de promesses.

Que de journées de voyage depuis qu’il avait mordu la poussière à sa dernière bataille. Il se remémora les dernières étapes de sa vie qui l’avait menées à ne plus être une Lance de la Valkia et à s’appeler désormais Loknar.

… Quelques semaines plus tôt, dans les champs de la Valkia…
Et voici le moment craint par toutes les Lances, l’affrontement avec le détachement aquilonien. Les Lances auraient certainement eu une chance de vaincre s’ils étaient à un contre un, mais là… les phalanges gunderannes ne tiendront pas longtemps. Peut être juste le temps aux villageois de partir en emportant ce qu’il y a de plus léger et tâcher de se faire oublier ailleurs. Pour les Lances, il s’agit d’un acte de foi et celui qui allait devenir Loknar sent sa foi vaciller à l’instant où sa phalange subit les assauts répétés des archers bossoniens dont la précision n’est plus à démontrer. Puis vient le choc terrible et la mélée qui s’en suit. Le mur de lance fait bien son œuvre mais l’attaquant est acharné et sait s’y prendre. Maigre consolation : il n’y a pas de gunderans en face d’eux, au moins les fils du Gunderland ne s’entretueront pas.

Les coups pleuvent, les corps tombent, les blessés crient et gémissent et les mourants expirent souvent aidé par les Charognards, ces troupes légères qui trainent derrière les troupes lourdement armées pour finir les blessés du camp adverse. Les soldats de Valbori s’effondre un pour un… mais ne sont pas aussi nombreux que les attaquants. L’hallali est pour bientôt. Le futur Loknar se prend un méchant coup dans les côtes qui transperce cuirbouilli, peau et chair... il met à genoux à terre et se fait renverser, puis piétiner. La phalange n’est plus là, les Charognards arrivent, il se relève et titube, tâche de retirer ce plastron qui l’étouffe et le fait souffrir. Une cible trop facile a du se dire l’archer qui le visa et le frappa à l’aine. La cible chuta dans le Shirki… mais le fleuve le recracha plus loin en vie.

Le gunderan aurait pu tenter de reprendre des forces et de rejoindre les autres survivants… mais non, sa volonté a vacillé. Il est fils du Gunderland mais sa liberté, il la trouvera sous d’autres cieux loin de la politique des hommes et de leur jeux de pouvoir. Il veut revenir aux choses simples et mourir pour l’essentiel plutôt que pour un doux rêve. Il se soigne et se restaure, retrouve même d’autres anciens de Valbori dans les fermes alentours. Certains sont de son avis, d’autres ont honte de lui et lui jette au visage le sacrifice des autres Lances. Il ne les entend pas vraiment mais prend les remarques acerbes de ceux qui furent ses voisins en plein cœur. Il est temps pour lui de partir loin d’ici, les richesses dont il dispose lui permettront de partir avec le minimum nécessaire ailleurs. Accompagné ou pas il partira vers les autres terres sauvage d’Aquilonie, le Westermarck par exemple.


… une lune plus tôt, dans la grotte de la dent Noire
Une douzaine de Lances de la Valkia étaient réunis dans les tréfonds de cette grotte située à un jour au Nord de Valbori. On aurait pu croire que la tempête extérieure les avait forcés à se réfugier ici. Il n’en était rien. Au milieu du cercle des lances se trouvaient un homme… ou plutôt une forme recroquevillée qui avait du être un homme il n’y a pas si longtemps. Il avait été même l’un des leurs. Le quasi silence de cette alcôve naturelle n’était troublé que par les gémissements de leur victime

Les Lances avaient l’air grave, Denarion, en tant que Maître-Lance était présent aussi. Il n’aurait pu en être autrement vu la situation. Syrion, un de ses fidèles, une des premières Lances, l’avait averti quelques jours plus tôt du comportement pour le moins étrange de cette nouvelle « recrue » au sein des Lances. Son nom d’emprunt importait peu désormais : il ne restait plus que ces certitudes : il s’appelait Gwenan et avait été payé par un certain Julius à Tanasul pour s’infiltrer dans les Lances, écouter et à termes être suffisamment proche du Maître Lance pour agir lorsqu’il en aurait eu l’ordre. Apparemment il travaillait seul. Mais celui qui avait payé pour un aurait pu payer pour plus… et la raison exacte leur échappait bien que des raccourcis suffisaient à leur faire froid dans le dos.

Il était temps. Syrion tira en arrière la tête de l’espion et d’un geste brutal brisa le cou de celui-ci. L’homme torturé et estropié s’affaissa comme une poupée de chiffon. Ils se regardèrent tous et Denarion parla d’une voix grave à ceux qui étaient présents et qu’ils savaient être fidèle à sa cause, car Lance depuis de longues années déjà.

« Mes frères et sœurs. Désormais le temps nous est compté. Je pensais que le petit jeu des politiciens nous avaient assuré quelques temps de répit suffisant pour nous développer au-delà de tout contrôle. Mais ce n’est pas le cas, il est probable que le gouverneur ait recruté des hommes pour être ses yeux et ses oreilles dans notre village et sa région. Durien peut aussi être espionné. Syrion, tu te rendras chez lui pour l’informer de cela. Le vieil ours doit savoir. »

Prenant une bonne inspiration, il continua :
« Pour les Lances, il est temps de vous assurer de la fidélité de ceux qui vont composer notre communauté. Nous pouvons tolérer la présence d’ennemis en nos murs mais sous réserve de savoir qui ils sont afin de les maîtriser et de leur servir de copieux mensonges. Soyez vigilants et sachez distinguer ceux qui sont des Lances de ceux qui paraissent l’être. Je vous fais confiance et de mon côté je serai aussi vigilant. Par Bori, notre destin est sombre mais c’est le devoir des Lances de la Valkia de défendre Valbori et ses habitants, jusqu’au dernier. J’informerai le conseil des Castes de la situation à notre retour.»

… Quelques lunes plus tôt, à Valbori, là où la Valkia se jette dans le Shirki
Dans la grande salle, Denarion, le Maître Lance avaient réuni ses frères, les Lances de la Valkia, pour accueillir deux émissaires du gouverneur aquilonien du Gunderland. La raison de leur visite ? Il la connaissait… par deux fois déjà il avait repoussé leur venue afin de se donner un peu plus de temps pour préparer son village à leur visite : le rendre plus prospère, plus civilisé peut être de façon à toujours laisser l’impression que ce village serait plus utile debout que rasé. Les invités pénétrèrent dans la grande salle accompagnés d’une escorte qui n’avait rien de symbolique. L’un était un vieil homme issu d’une des vieilles familles du Gunderland : Durien. L’autre était un noble de Tanasul : Haldar.

Denarion les accueillit « - Hal ! Soyez les bienvenus à Valbori. Prenez le temps de vous désaltérer et de vous restaurer un peu. Nous deviserons en même temps. »

Une femme déposa sur une table de l’estrade un plat de viandes séchées ainsi que des cruchons de vins.

Le bruit de repas fut rompu par Durien :
« - Denarion. Ta table est bonne et ton visage est honnête aussi j’espère que ce que je vais te dire nous permettra à tous de passer une très bonne nuit ce soir. Ton village semble bien vivre… bien vivre, éloigné qu’il est de Tarentia. Néanmoins vous faites toujours partie de l’Aquilonie et j’ai cru comprendre que tu avais tendance à l’oublier. Je te le rappelle fils du Gunderland, notre terre est Aquilonienne désormais et Valbori ne saurait exister et perdurer sans le royaume.»
Haldar enchaina « - Je serai plus direct. Ton village dérange en plus haut lieu. Le gouverneur Sirton de Tanasul est agacé par les échos de Valbori que lui rapportent les voyageurs. Je te le rappelle, les lois de l’Aquilonie s’applique aussi à Valbori. Je suis là pour que vous vous en souveniez. ».
Ces paroles firent silence dans la salle… les Lances étaient trempées dans une discipline de fer depuis leur formation. Leur pensées bouillonnaient.

Denarion ne cilla pas, il s’attendait à ces propos mais ils étaient venus très vite, trop vite. Il était temps d’essayer de calmer le jeu :
« - Je vous entend et c’est autant en tant qu’en ancien lancier du Gunderland au service de l’Aquilonie qu’en tant que bourgmestre de ce village que je vous parle. Le Royaume d’Aquilonie a pris possession du Gunderland sans combat c’est un fait. Et cela s’est fait par la politique pour un gain mutuel. Je sais le roi attaché aux résultats et à ceux qui se donnent les moyens de bâtir quelque chose de grand... »
« - De grand et d’aquilonien, Denarion » l’interrompit Haldar.
« - Ce qu’une poignée d’hommes et de femmes ont fait ici est grand et pour que cela continue, il nous faut une certaine liberté afin de nous créer des bases fortes quant à la maîtrise de la région et à la prospérité de notre commerce. Mettre en place toute la politique du Royaume ici serait prématuré : nous n’avons pas la taille pour supporter une garnison, une noblesse, des impôts et je ne sais quelles autres lois que seules les cités peuvent encaisser sans broncher. Laissez nous nous développer à notre façon, à la fin, le Royaume s’y retrouvera quand Valbori sera une cité florissante. »
« - Une cité florissante et une cité libre peut être même ? » avait prononcé Haldar froidement. « Valbori en cité libre, des taxes diminuées sur les échanges de bronze et de fer, une milice libre de ne pas servir dans les légions du royaume,… et je n’ai même pas vu le lion aquilonien à l’entrée du village. Ce n’est pas ce que nous appelons être un fidèle sujet du royaume. »

Denarion rebondit sur cette dernière phrase car il fallait vite alléger l’atmosphère… c’était aussi ça, la diplomatie.
« - Bien… je vous entends. Plus que de croître vite et bien, notre village doit croître en paix. Que devrait faire selon vous Valbori pour satisfaire aux désirs de Sirton... et du roi et les rassurer sur notre position ? »

Haldar eu un léger sourire et il continua avec détermination
« - Le Seigneur Sirton de Tanasul, en sa qualité de Gouverneur du Gunderland, est gêné par trois choses : les rumeurs de cité libre, votre manque de participation au trésor royal et votre manque d’implication dans la défense du royaume… j’y ajouterai aussi le manque de drapeau sur votre village pour marquer votre loyauté au Royaume. »

Denarion sentait déjà l’étau de cette proposition se refermer sur lui et sur son village.
« - Par Bori, comme vous y allez ! Il nous faudra du temps pour organiser tout cela… »
« - Prendre plus d’une lune pour cela serait interprété comme un manque de volonté… Et parce que je souhaite vous voir réussir je vous annonce qu’à mon prochain passage à Galparan, je vous ferai envoyer une milice de trente hommes bien entraînés à l’application des lois aquilonienne pour vous aider… j’irai même jusqu’à y ajouter un érudit pour vous faire état de ces même lois si vous le souhaitez. » renchérit Haldar.

Denarion commençait à marquer des signes de nervosité.
« - Fils, cela est nécessaire pour que ton village connaisse un futur prospère et joyeux. » ajouta Durien d’une voix paternaliste. « Et tu verras, en tant que ton seigneur je saurai t’aider à faire de ce village aquilonien, une perle dont tu seras fier et dont tu seras seigneur toi et tes enfants. »
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