Les Pionniers du Westermarck

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 Loknar Test 1 : BG de Loknar, cimmérien templier noir

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Loknar
Pionnier


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Date d'inscription: 05/05/2008

Feuille de personnage
Classe: Gardien
Ethnie: Aquilonien / Gunderan
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MessageSujet: Loknar Test 1 : BG de Loknar, cimmérien templier noir   Mar 6 Mai - 10:19




…Un matin d’hiver au village de Vanardus…
Cela faisait quelques heures déjà que Sigrid essayait douloureusement d’expulser hors d’elle l’enfant qu’elle avait eu de son mari, ou d’un autre… Quelle importance désormais… Si l’enfant n’avait pas une tête qui lui revenait, Harus, le donnerait à manger à ses chiens.

Ce ne fut pas le cas, un garçon vit le jour dans le sang et la douleur. La rebouteuse se chargea de la mère, alors qu’Harus inspectait sous toutes les coutures ce rejeton. L’enfant lui revenait et il en félicita sa compagne : « Tu as bien travaillé femme. Repose toi. ». Il prit alors l’enfant avec lui et suivant les rites qui se transmettaient depuis des générations, il creusa la neige jusqu’à la terre et y posa le nouveau né qui immédiatement se mit à crier pour le plus grand plaisir de celui qui allait être son père :
« Crie, fils ! Crie, et de toute ta force ! Que Crom pose son regard sur toi ! Qu’il se souvienne de toi lorsque tu le reverras ! » Et il partit dans un rire puissant avant de s’époumoner à son tour : « Entends Crom ! Entends ! Ce fils est Loknar ! » hurla t il en direction de la montagne la plus haute qu’il pouvait discerner par cette glaciale matinée d’hiver. Il reprit alors le garçon à moitié transi de froid et le ramena à sa mère qui regarda fièrement son homme. Cela se passait comme cela chez eux et quel que fut le regard de Crom posé sur leur enfant, cela était fait désormais…

…Une après midi de printemps dans la vallée du Bras du Géant…

Le jeune cimmérien s’amusait à se battre à coup de bâtons avec les autres jeunes du village. Leur corvée de bois, de relève des pièges et de cueillette était finie et comme toujours ils en profitaient pour se mettre dessus. Cela faisait partie de leurs traditions et les perdants avaient alors le droit de se coltiner le portage de la récolte. « Au pire cela vous rendra plus fort pour la prochaine fois ! » est ce qu’ils aimaient se dire pour se motiver. Nulle place à l’humiliation si ce n’est pour celui qui ne se relevait pas ou pleurait pour qu’on l’aide. Loknar n’était plus de ceux là, il avait grandit et désormais il se rebiffait à chaque fois. Quand il gagnait il se montrait dur avec les perdants, quand il perdait il se montrait dur avec lui-même. Il avait été élevé ainsi et il trouvait cela bien. « Un homme se doit de toujours se relever sauf s’il est mort. Parfois des hommes ne savent pas qu’ils sont déjà morts. » lui avait inculqué son père et cela était effectivement vrai. Il lui avait donné des exemples dans le village et cela s’était vérifié à chaque fois. Lui voulait avoir le droit de siéger au banquet de Crom : il devait être prêt à arpenter la lande glacée, retrouver Crom et lui montrer qu’il était digne de boire de son vin, de manger à sa table et de profiter de ses esclaves. Le dernier point lui était pour l’instant complètement accessoire ne comprenant que peu son intérêt du fait de sa jeunesse.

Cette fois il l’emporta, mais sa motivation était grande alors : son père lui avait promis de lui acheter sa première arme de bronze. Il avait hâte…

…Un soir après midi de printemps dans le hameau de Vanardus…
La tâche avait été ardue mais touchait à sa fin : le mur d’enceinte des bâtiments communs était terminé et il pourrait enfin aller rejoindre la milice pour la nuit. Les Janhurs ne devraient plus être très loin désormais et malgré la fatigue, il leur faudrait être vigilant. Les deux hameaux de Grulgos et Hanahir avaient été purement et simplement balayés d’après ce que leur avaient dit les rescapés, qui se comptaient sur les doigts des mains. Ils avaient ignoré jusqu’alors son village, mais Loknar savait que ce n’était que pour mieux revenir sur eux une fois les réserves bien pleine et les fuyards bien réunis au même endroit. La trouille lui noua un peu l’estomac et il la fit partir avec une bonne rasade d’alcool. Décidemment ce n’est pas ce soir qu’il ira se faire plaisir avec Eyda. Après s’être un peu étiré les muscles, il s’équipa pour la nuit : glaive, pique, bouclier de bois et armure de cuir bouilli. Il y avait bien longtemps qu’il s’était demandé s’il tiendrait le coup et s’il serait digne de Crom. Pour l’instant, ce n’était pas terrible, il n’avait pas de quoi se vanter mais peut être que cette nuit serait différente. Elle ne le fut pas…

…Un jour plus tard loin des restes fumants de Vanardus…
Loknar peinait à fuir dans cette forêt à flanc de montagne. Il n’était plus qu’une poignée à s’être échappés du village une fois que les défenses étaient tombées. Leurs agresseurs n’avaient même pas eu grand besoin de forcer une brèche. Les « faux rescapés » leurs avait servis le village sur un plateau d’argent. La suite ne fut que métal contre le métal, la chair et le sang : une vraie boucherie. Très vite, les quelques uns qui avaient réussi à se réunir prirent la décision de partir ensemble pour aller ailleurs et revenir plus tard se venger. Des groupes partirent alors dans diverses directions… avec systématiquement des poursuivants à leurs trousses. Quel intérêt y avait-il à cela ? Le village était tombé, les réserves pillées, les survivants massacrés ou emmenés en esclavage selon leur âge ou leur sexe.

L’intérêt était simple mais Loknar n’en avait pas conscience : aucun survivant, tel était le crédo du chef des Janhurs. Et il avait les moyens de convaincre ses hommes à satisfaire cette lubie.

Leurs poursuivants ne les lâchaient pas et seul les plus résistants et les moins blessés du groupe de Loknar étaient encore en vie. On avait laissé aux autres une arme et de l’eau pour essayer d’en emporter le maximum avant de mourir. Ils n’en avaient tué aucun, leurs poursuivants étaient aussi de redoutables archers.

« Tu fuis l’inéluctable ! Penses-tu pouvoir courir plus vite qu’une flèche Loknar ? » fût le genre de pensées qui parasitaient fréquemment son esprit mais tel était Loknar : un survivant et il refusait de laisser tomber. Il voulait survivre, vivre et reprendre les armes pour mériter sa place au banquet de Crom. Alors il redoubla d’effort pour s’enfoncer encore plus loin dans la forêt, plus près de la montagne où vivait peut être Crom…

…Deux jours plus tard, sur la montagne…
Ils avaient désormais pris pied sur la chaîne de montagne et leurs poursuivants montraient enfin des signes de fatigue. Quant aux fuyards, ils n’étaient plus que trois et ils entreprenaient une escalade difficile pour atteindre un autre passage sur la montagne qu’ils n’avaient aperçu que dernièrement : un passage fait par le temps ou l’homme, il ne savait pas. Peut être leur salut était par ce chemin là. La mort était derrière eux en tout cas comme le prouva leur compagnon qui s’écroula et bascula dans le vide, trois flèches plantées dans le corps.

Quelles belles cibles ils faisaient comme cela sur la montagne ! Qui serait le prochain ? Loknar accéléra ses mouvements tout comme son compagnon. Soudain, une vive douleur lui vrilla le flanc, le faisant lâcher prise…et il chuta. Il se sentit rebondir sur la roche, battant les bras à droite et à gauche pour essayer de s’accrocher à n’importe quoi… à se raccrocher à sa vie. Le sol dur le frappa mais pas au point de le tuer : il souffrait et les morts ne souffrent plus dit on. Il ne bougea pas.
« Je vais me reposer… me reposer et après je reprendrai la route… juste une petite sieste et je reprends la route. »

La dernière chose qu’il entendit fut une sorte de cri suivi du bruit que fait un corps roulant sur la montagne jusqu’au son mat d’un sac bien plein s’écrasant. Son dernier compagnon ? Peut être mais quelle importance. Avant de sombrer dans les ténèbre, une dernière idée lui vint à l’esprit « Est-ce que j’ai fait le même bruit en tombant ? »

…Quelques heures plus tard…
Le sang… le goût du sang dans la bouche... et la douleur qui lui martelait le crâne. Tout son corps lui rappelait qu’il n’était pas encore mort. Il rouvrit les yeux… il faisait sombre : le soleil se couchait.

Au prix d’un grand effort il tacha mieux comprendre son environnement mais sa vue était trouble. Il était sur une corniche et ne voyait plus où il avait été avant de chuter. Sa survie, il ne la devait apparemment qu’à quelques branches qui avaient du amortir sa chute. Il avait l’impression d’être sur un chemin mais ce chemin menait où ? La flèche en son flanc était brisée et la pointe était ressortie de l’autre côté de son abdomen… il mourrait lentement sans nul doute et n’aurait même pas le loisir de mourir au combat.

Il regarda autour de lui et réussi à reprendre en main son arme. « Au moins je ne mourrai pas sans arme. J’arrive Crom. Quitte à passer l’éternité à arpenter ton domaine, j’irai à ton banquet. » Il n’avait même plus la force de lever son arme. Il s’assoupit de nouveau sentant que ce serait peut être pour la dernière fois.

…A la nuit tombée…
Une douleur le réveilla de nouveau… quelqu’un venait de toucher la flèche dans son ventre… Il sentait les doigts de quelque chose le toucher là où il était blessé. Il ouvrit les yeux mais ne voyait que ténèbres autour de lui. Et dans ces ténèbres, il percevait la présence de quelque chose d’encore plus noir, de plus sombre, de plus ancien que la montagne elle-même. Il tenta de lever son arme comme un ultime hommage à ses ancêtres et à ses croyance mais toute force l’avait déjà abandonné : il était au seuil de la mort et il ne voyait rien qui lui laissait penser qu’il rejoindrait Crom. Pourquoi le ferait-il ? Il avait été faible et Crom n’accorde rien aux faibles. Un désespoir sans nom l’envahit et il crut entendre les ténèbres se moquer de lui. Il ne voulait pas partir comme ça, le cimmérien en lui s’y opposait fermement même à l’orée du néant. « Je ne veux pas mourir comme ça… Donnez moi ma vengeance que je me noie dans le sang de mes ennemis… Qu’importe ce qu’il m’en coute… je n’ai plus rien à perdre… ». Sa poitrine se souleva une dernière fois et ses yeux se brouillèrent pour finalement se clore. Les ténèbres firent le reste.

…Au matin …
Encore ce gout de sang dans la bouche… et quelle puanteur par-dessus le marché ! Mais la douleur aigüe de ses blessures n’était plus là. Il rouvrit les yeux : il était entouré de cadavres dont certains lui étaient familier, un de ses compagnons de fuite et deux de ses poursuivants. Ils avaient été broyés... Quelque chose avait répondu à son appel et lui avait permis de faire cela mais pourquoi aussi massacrer de la sorte un ancien camarade… Mais pourquoi pas en fait… quelle importance cela avait il. Il se sentait étrange comme vidé de sentiments, d’envies, de passions, de plaisirs… Ce vide avait été remplacé par autre chose dont il sentait la présence dans son esprit et dont il sentait la puissance et la répugnance. Il se sentait sale à l’intérieur mais il savait qu’il pourrait vivre avec. Et d’étranges idées affluèrent dans son esprit : des idées de tueries, de sacrifices, de tortures, d’outrages, de frustrations et de cruauté. Mais les vestiges de ce qu’avait été Loknar résistèrent et balayèrent ces idées. Qu’importe, la graine était semée désormais et les murmures des ténèbres avait fait suffisamment de place à celle-ci pour qu’elle se développe à son aise. Elle prendrait son temps mais grandirait inexorablement pour faire de Loknar un templier noir des ténèbres murmurantes de la montagne. Le cimmérien n’avait plus rien si ce n’est ce qu’il portait sur lui et ce qu’il récupéra sur les cadavres présents. Piètre consolation et que faire maintenant : aller tout droit et tâcher de mieux comprendre.

… Des semaines plus tard …
Pourquoi a-t-il rejoint cette caravane de pionnier ? Il ne s’en souvient plus mais il pense que c’est une bonne idée. Oui c’est une bonne idée : la région est sauvage, le coin est dangereux et les colons ne sont pas trop regardant sur ce qui se passe en dehors de leur maison. Et il y a de nombreux combats, des raids pictes dont la violence est connue de tous. Ca y est il se rappelle, il y va pour cela pour se confronter aux pictes et voir de ses yeux cette sauvagerie à l’œuvre… et apprendre. Qu’y a-t-il de mal à cela ? Cela pourrait lui servir plus tard s’il veut insinuer la terreur chez ses ennemis, chez leurs proches, leurs familles, leurs voisins… En attendant, on le paie pour protéger cette caravane avec la promesse que lui aussi, il disposera de quelques âcres de terre pour faire de l’élevage. Oui, il se rappelle maintenant qu’il sait comment s’occuper du bétail… et l’abattre bien sûr lui rappelle une petite voix intérieure. Les voilà enfin arrivé. Le cimmérien fait un tour d’horizon et ressent quelque chose d’agréable : la peur, la sauvagerie, le danger sont bien présents dans cette région. Il a bien fait de venir…
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